Obscure, interminable,
sans lampe
derrière les vitres,
la nuit.
Pourtant même elle
finit par avoir faim,
on l’entend qui s’agite,
se rétracte pour mieux fuir,
soudain se sauve
par les toits.
Tout occupée avant le jour,
tu laves le sol, en bas,
forte à la tâche.
L’eau tu la jettes sur la pierre sale,
la fais glisser, on voudrait l’éponger,
mais tu fais vite, effaces en hâte
les marques de pas, les traces noirâtres.
Au vent séchera l’humide couloir,
toutes portes ouvertes,
au vent qui passe
sa serviette grasse,
froissée.
Déjà des deux côtés,
dans la pénombre qui s’allonge,
tu alignes les vases vides ; étroit, le corridor,
long comme la nuit, une nuit sans fin,
éclairée tout au bout
par le verre dépoli
des étoiles.
José-Flore Tappy