A la recherche d’un mot, d’un assemblage de lettres, d’un duvet contre la peur, à la recherche d’une lumière, vous obtenez une lumière, on vous l’a passée, à moins que vous ne l’ayez volée, vous ne l’avouerez pas, on a la morale qu’on peut, la lumière est indispensable pour marcher ainsi la nuit, autour de janvier. La lumière bouge, c’est une lampe de poche, ça fait des ronds contre la nuit qui est comme un mur, vous cherchez un mot, vous ne trouvez que le mot « fragile », très longtemps il n’y a que le mot « fragile », très longtemps, mais vous voulez être forte, alors vous écartez ce mot, vous êtes toujours à la recherche d’un mot, vous écartez d’autres mots que vous rencontrez, parfois vous les mettez sous la lampe, vous les faites briller comme une pièce d’or sous votre lampe. vous faites briller le mot « givre », froid et étoilé, vous faites briller parfois un mot, méga, méga, mégaphone, un mot vermillon, l’or de la pièce est rouge, vous écartez une grande quantité de mots pour peu d’élus, une grande masse de mots compose la nuit, la muraille de la nuit, dans un entremêlage serré.
Marina Salzmann