Résolution par le fœhn

 

 

Le vent qui dessèche tout
S’engouffre par le verrou
Une lumière détestable irrite les yeux nus.

Ton œil n’aime ni ne hait
Le mien toujours en manque
Va s’accoler au monde,
A sa pelure qui jute
Qui éclabousse alors
Brûlant d’un sale acide
Mes intérieurs aigris
Mendier, voilà comment respire
Ce cœur futile qui traîne partout ses guêtres

Quand sous le sol
Aux chaudes radicelles du tamaris
Liés enfin par l’organique à l’œuvre
Nous sentirons remonter les méduses
Flasques, électriques
Leur piqûre qui guérit la sclérose
Nous ramène aux océans lugubres
Où vie divague et multiplie ses formes
Jaloux sommes nous sans doute
Nous en disparaîtrons
Plus minéraux qu’à l’origine encore

Enfile ton bonnet d’enfant
Tandis que vacille ma tendresse.
Des forces te chamaillent
Coupé es-tu
Loin de mon regard qui t’assemblait
Miettes de garçonnet
Qu’une autre a pétries

Encre bleu noir sous le corps de l’oiseau
Troublée par lui en remous d’huile
Eau si peu douce aux corps désertés
Comment t’aimer encore
Et ces saules, pleutres en or
Impriment à ma rétine jalouse
Le fruit arrogant
De leur photosynthèse
Tandis que je m’excave.

Je ne t’attendrai plus, Affreux salut.

 

Sylvie Délèze