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MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-
HURLEMENTS - RALENTISSEMENT - DÉSARTICULATION - POLYPHONIE
MA-MA-MA-CHI-NE-MA-MA-MA-CHI-NE-MA-MA-CHI-NE-CHI-NE-MA-MA-CHI-NE-MA-CHI-NE MACHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHC HCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCHCH
LES RYTHMES S'ACCUMULENT - LA FRESQUE SE CONSUME
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!
CHHHHHHHhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ……
Chhhhhhhhhmmmmmmmmm …….
mmmmmmaaaaa …..
machhhhhh ….
hhhhh ….
……………………………..
……………………………….
silence
sueur - vapeur - chaleur
oscillations
hésitation " mmmmMA ! "
La voilà - trouble parmi les fumerolles
Inquiète - déterminée
" …mmmmMA … "
"Chhhh !" dit-elle
Elle m'explore - me scrute - semble hésiter - mais ses gestes sont sûrs et précis
Doux - précis
" …chine enfin "
………………………………..
Il y a l'éponge humide - puis le resserrage- puis l'équilibrage
Machine à les doigts experts
D'une délicate fermeté qui soigne
Le lubrifiant et enfin
Le polissage
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Machine s'obstine - parfait mon lustre - recule - m'observe - revient et poursuit imperturbable son travail délicat
Machin est ailleurs - un peu plus loin - tant mieux - je l'entends - il est brusque - parfois il jure - triture vulgairement dans sa boîte à outils
Machine est tiède - légère comme une brise de mai
Efficace - régulière - appliquée
Elle me prépare à l'été qui sera beau à chaque fois
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Un jour de mai - c'est cela
Un jour de foire à Saint-Rondelle.
Machin-Machine sont arrivés le dimanche de la Foire-aux-Outils, de nuit. Nous sommes plusieurs à avoir remarqué de petites flaques irisées entre les pavés de la place.
Des petites taches sombres remontant la rue jusqu'au parvis, à distance régulière, qui s'enflammèrent dès l'aube. Moi, les grincements, je n'en ai entendus aucun. Ce sont les autres, du côté nord-est du bourg, la partie qui longe le Nant de l'Enclume qui en ont parlé.
" …Comme une plainte de rotative ! "
" …Ou alors un refrain lancinant et guttural de compresseur … "
" …Venant de loin et qui s'est rapproché de Saint-Rondelle par la route des Cisailles … "
" …Pour pénétrer plus avant par la rue pavée du Laminoir … "
" …Râpant ! "
" …Hissant ! "
" …Accusant l'inégalité de la chaussée en une longue… "
" …lente …. "
" …répétitive respiration métallique … "
Martelle a parlé d'engin de transfiguration poétique. Ce qu'elle peut être dogmatique.
"Engin de transfiguration, Martelle ? "
" Oui ! …, a-t-elle répondu, … de grosses chenilles luisantes à têtes rouillées ont remonté la rue et se sont engouffrées dans l'église - ont explosé et répandu tous leurs organes - Machin-Machine ont tout ramassé - tout réparé - tout nettoyé - m'ont tout raconté ".
Vive, elle a filé par l'arrière de la chapelle.
Ce n'est pas la plus sotte explication
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Le soleil a projeté ses premiers rayons sur mon étal à boulons soigneusement monté pour la foire de Saint-Rondelle. Situé en contrebas de l'usine de récupération adossée à la voie ferrée, il est magnifique de régularité géométrique. Je remonte par la ruelle de la Truelle et dans le petit jour perçoit sur la place une, puis deux et enfin une foule de tables rondes à trois pieds de fer forgé.
Machin place les cendriers au centre de chacune d'entre elles, Machine installe les chaises métalliques.
Le portique largement ouvert de l'église laisse échapper une suave âcreté. Un léger ronronnement de moteur baigne l'espace. Machine se retourne vers moi : " Machinenchanté " martèle-t-elle chaleureusement en me faisant signe de m'asseoir. Machinalement je lui bredouille
" ..J'ai un étal de boulons un peu plus bas … "
" Nickel ! " et disparaît par le porche à l'intérieur du sanctuaire. L'autre j'ai tout de suite su que c'était Machin.
" Voilà ! " Machine dépose une bielle plaine d'un liquide onctueux et irisé sur ma table.
Je l'ai bu.
Jusqu'à la dernière goutte.
Pourquoi ?
Machine a un objectif d'une telle sûreté.
Ma première dose de lubrifiant.
Étonnant.
Détonnant.
Le soleil est bien plus haut. Les yeux se plissent. La vision éblouit. La terrasse est pleine.
Nous sirotons en silence. Aucun ne sort ses cigarettes. Méfiance de l'étincelle. L'histoire explosive de Martelle nous rend prudent.
Un soleil de plomb inonde la place. Machine va et vient déversant son liquide dans nos bielles. Le ronronnement de l'église a enflé. Machin semble satisfait. Son commerce tourne rond, il y a augmentation du régime, tout fonctionne. Dans l'axe du zénith en feu le métal des chaise chauffe à blanc et fait bouillir notre sang. Les pieds de table dans la fournaise rougissent et prennent des formes elliptiques. Les tables ploient, nos mains maintiennent les plateaux brûlants, nous faisons corps avec le mobilier. Machine nous arrose d'eau fraîche, une magnifique vapeur blanche s'exhale de nos bouches. Nos entrailles s'embrasent, nos liquides écument, les pavés sont l'enjeu bien huilé d'une icône où chaque rouage se solidarise en une mécanique symbiotique. Machine effectue les derniers réglages avec fièvre. Le vrombissement assourdissant enflamme l'espace. La ferveur accouche d'une pulsion rythmique unique. C'est l'ultime diapason ! MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA- MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA-MA
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(Machine)
Kate Deléaval