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Juin 2011
Exit Hamlet, Exit Moubarak, Exit Domenech, Exit Galliano, Exit Xbox Live Arcade, Exit Oussama, Exit de la ligne de commande.
On n'y coupera pas. En attendant, ils sont légion à mourir de mort violente, des hommes, des animaux, des choses. Les choses sont cassées parce qu'obsolètes, les êtres vivants sont au milieu de la route comme des chicots de moquette ou dans un coin du divan, criblés de 7,65 ou de 9 mm selon les préférences parachutistes.
Notre Exit peut-être sera plus doux, un soleil vert sans biscuit, le fin du fin étant la pilule que nous tend Exit.ch et que nous portons nous-mêmes à notre bouche. Question de déontologie. On insinue le libre arbitre où l'on peut. Question de rapports de production.
L'Exit helvétique est du même tonneau que celui qu'on répand dans les veines des condamnés à mort outre Atlantique quand le thiopental est en rupture de stock : pentobarbital (un anesthésiant vétérinaire), pancuronium et chlorure de potassium, le tout parfois agrémenté de benzodiazépines.
Exit, c'est aussi le prénom du bonhomme-logo qui court dans le noir vers la sortie, plaqué sur les murs de la salle de cinéma. Il doit, c'est la loi, rester visible aux côtés de l'écran où l'on se tue tant.
Où court le bonhomme détaché de son mur et décollé du spectacle, on le sait. Outre Atlantique ou vers Exit.ch. Il va s'allonger, ça va durer six minutes montre en main. De l'extérieur, c'est impressionnant de calme, ce départ à tout jamais. A l'intérieur, ce qui se passe on ne sait pas vraiment. Les benzodiazépines offrent aux spectateurs le visage d'un passage à l'au-delà d'une singulière sérénité. Mais certains spécialistes, il y en a, sont d'avis que le corps étouffe et que grâce aux anxiolytiques on ne voit pas du dehors l'enfer qui bout dedans.
L'Exit d'Oussama suit un protocole différent : tellement amoché qu'on ne montre pas, mais sans doute a-t-il physiquement peu souffert, en tout cas moins de six minutes.
Entre l'Exit impassible hospitalier qui cache les dégâts à coups de myorelaxants et l'Exit octroyé par les SEALS (Seigneur, Oussama a vu débarquer dans sa villa des PHOQUES armés jusqu'aux dents) par pétard énorme et foudroyant, faudra-t-il choisir ?
Ou se coller au mur sur fond vert, faire mine de courir et ne pas bouger d'un poil ?
Jean-Jacques Bonvin