Laure Antoinette Malivert
Bruits (récit)
Extraits du Cahier rouge (1874)
Je ne sais trop dans quel état...
Notes de lecture
Extraits du Cahier bleu (1876)
Je pense avec horreur...
La tache (récit)
Extrait du Cahier noir (1876)
J'ai à nouveau…
Correspondance
Lettre à Lucie 1
Lettre à Lucie 2
Lettre à Robert Caze
&
Vie de Laure Antoinette Malivert (Alain Bagnoud)
Portraits de femmes (Marina Salzmann)
Notes en hâte sur les contes (Philippe Renaud)
Laure Antoinette Malivert et Emma Pieczynska (Céline Cerny)
&
Depuis ses débuts, coaltar s’est employé à faire une large place aux femmes, qu’elles soient écrivaines, poétesses, plasticiennes ou photographes. La conscience est ici acquise que les femmes sont encore et toujours sous-représentées, dans le champ des arts comme dans les autres domaines. Il en résulte pour nous, et pour le travail du texte, du son ou de l’image, un appauvrissement certain.
C’est en grande partie pour ces raisons que nous avons été fascinés par le journal de Laure Antoinette Malivert, dont nous vous donnons à lire quelques extraits dans ce numéro spécial. Ces écrits oubliés d’une femme inconnue qui toute sa vie s’interrogea sur l’effacement et le silence, sur la place de la langue et du corps féminin dans la société, et qui en fit hautement une question de style, voilà une démarche qui ne pouvait manquer de nous passionner.
En 1898, paraît dans la revue argentine El Mercurio de América un texte de Laure Antoinette Malivert, Ruidos, signé d’un pseudonyme masculin. On ignore qui a traduit le texte original français, qui d’ailleurs a disparu.
La publication d’auteurs français en Argentine n’était pas chose rare à la fin du 19e siècle et dans la première partie du 20e. Le phénomène ira s'amplifiant. Dans les années trente, Roger Caillois, Henri Michaux, Jules Supervielle, ont séjourné dans ce qui était devenu un territoire artistique dont Silvina Ocampo était la reine et Jorge Luis Borges le dieu, un dieu qui viendra mourir dans la ville qu’il préférait, Genève, chacun ses goûts.
On ne sait rien de l’accueil qui fut réservé au récit de Laure Antoinette Malivert. Sans doute fut-il des plus réservés puisque les revues argentines d’alors ne paraissent pas en avoir rendu compte.
En 2008, Antonio Caula, qui vient de défendre à l’Université Nationale de Córdoba une thèse sur « La Commune de Paris et les écrivains », reçoit une bourse lui permettant de se rendre à Genève pour une recherche sur Robert Caze. C’est là qu’il découvre des écrits de Laure Antoinette Malivert et nous offre le privilège d'en publier des passages.
De ces passages, nous avons unifié la typographie et corrigé les incorrections flagrantes, mais conservé la ponctuation qui donne son rythme à l'écriture de Laure Antoinette Malivert.
Pour coaltar, la partie la plus stimulante de ce travail fut la traduction en français d’un texte en espagnol lui-même traduit du français. On ne peut qu’espérer que cet original reparaisse un jour afin de comparer deux textes en principe identiques mais qui ont traversé deux langues et plus d’un siècle.
Et à vous, Madame Malivert, qui fûtes trop originale, trop différente, trop multiple, trop libre, nous sommes heureux de rendre la parole.
coaltar