C’est comme ça avec la pluie depuis le temps : il a fallu compter avec elle, m’attendre à son retour, savoir qu’on l’annonce.
D’où tombe ilpleut ? Sans doute pas de la dernière pluie ; ilpleut m’arrive en même temps qu’elle.
Dans la chambre où je m’endors, j’entends la pluie. Impossible de l’écouter tant je l’entends : une pellicule de l’ouïe se soulève, tramée par l’averse. La pluie alors me démultiplie.
Je vois qu’il a plu : de l’eau (qui finit même de goutter) sans la forme de la pluie. Bitume qu’elle rafraîchit, repeint chaque fois du noir d’origine.
Peut-on parler, s’il se trouve, d’une pluie de pluie ?
Je n’ai connu, quand j’y pense, que des pluies bénignes.
Yvan Borin