Edito de Carnaval
« Tout discours découvre toujours l'objet de son orientation comme déjà évalué, entortillé, pénétré par les idées générales, les vues, les appréciations, les définitions d'autrui. »
M. Bakhtine, Esthétique et théorie du roman, 1978, p. 100
Samedi midi, sept février, zéro degré. Nous nous sommes trouvés, l’équipe presque au complet, dans un très bon café, à Chaux-de-Fonds sous la neige.
Entre l’aimable acidité d’un Arbois (JU) et la ronde régularité d’un Cahors
j’ai répété que non, je ne pouvais le faire, qu’un texte éditorial ne serait pas mon fort. Ce propos s’est noyé dans la conversation, qui était littéraire, évoquait Blaise Cendrars, un bras sectionné net apparu dans un pré, un homme vaporisé, sa moustache envolée qu’on retrouva collée à l’horloge d’un clocher.
Voyez ces restes purs, et ces pures conjectures : quid du passé de ces objets, et leur futur ?
C’est loin d’être futile et l’idée nous plaisait
Devions-nous y répondre par la littérature ?
Ou balayer du coude la table déjà mise ?
Par la fenêtre, sur un bâtiment non loin luisait en lettres d’or l’enseigne A la Pensée.
Tout se corsait sans doute, au fur et à mesure, la place des femmes, quelqu’un disant qu’un édito, un cinquième surtout, se pouvait dans un style de poème rêveur... C’est tout le sens de coaltar, m’énerver, m’inspirer... « Rêveur » m’a fait tiquer, optons pour du métrique : vous aurez remarqué ces quelques alexandrins, adopté l’apocope pour les faire bien sonner.
Des choses à dire, j’en ai, aux lecteurs et lectrices.
Tout d’abord, pour aller vers plus de cohésion, un nouveau titre est proposé : voyez légendes, voyez comment, par le biais de ce mot, les textes se regardent ou se tournent le dos.
Puis aussi, la revue reste ouverte aux surprises, au son, au singulier, aux voix d’autres, aux images.
Cliquez pour voir, entendre, vous situer, aller contre.
Deux rubriques fusionnent, entente et arguments. Le nom de vis-à-vis n’évoquant pas un genre, est ainsi dans le ton des autres entrées coaltar,
il évite de fermer, de classer scolairement.
Les rubriques restantes, trop floues selon certains, permettent, selon d’autres, des postures variées, des horizons d’attente assez différenciés. Elles demeurent pour l’instant, pareilles et inchangées.
Chères lectrices et lecteurs, permettez d’ajouter : comment vous nous lisez, seuls vous, vous le savez. Alors n’hésitez pas à nous en informer.
Bienvenue dans coaltar.
Marina Salzmann
